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Là où Ils vont

par Siopi

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Siopi contemple les stèles blanches.

La majorité d'entre elles n'ont rien d'enterré dessous, les corps de victimes étant impossible à retrouver.

Cependant toutes sont gravées du nom d'un draeneï et d'un épitaphe aimant.

La mort n'existait pas sur le Génédar. En plus de D'ore, la chute du vaisseau a tué de nombreux draeneï et pour la première fois Siopi se retrouve à gérer une douleur qui dépasse toutes les autres.

Elle cherche un être familier dans le peuple Draeneï éploré...

Ichnos a le visage fermé, inexpressif, mais c'est son habitude. Siopi ignore s'il a perdu des proches lors de l'écrasement.

Elle ne lui demandera pas.

Le Prophète demande aux draeneï de faire leur deuil, de s'organiser, de construire.

Ce monde est le leur et il s'appelle Draenor.

Les explorateurs partent à la découverte de leur planète, les autres établissent les bases de leur nouvelle vie.

Pour certains, aller de l'avant est plus difficile.

Aruura, l'amie de coeur de Siopi, a perdu son compagnon.

Son regard est mort à présent, et c'est cette mort qui affecte le plus Siopi.

"- Nous avions des projets avec Kyvos... Pour ce monde..."

Siopi serre la main froide de son amie. Elle ne sait quelles paroles prononcer pour apaiser la souffrance d'Aruura.

Les parents de Siopi s'activent et s'adaptent. Ichnos va et vient entre les terres et les camps.

La draeneï se sent inutile. Sa seule fonction est d'apporter chaque jour un repas à Aruura et de s'assurer que cette dernière le mange.

Les jours se suivent et se ressemblent.

Ce matin-là, Siopi fait le chemin habituel. Alors qu'elle emprunte le sentier dessiné par les pas réguliers des draeneï, elle avise une silhouette familière.

Ses yeux s'écarquillent. Elle lâche son paquetage et accélère.

Ses doigts vont pour toucher l'épaule du draeneï, mais il n'y a rien à toucher.

La silhouette n'est rien d'autre que ça. Une silhouette bleutée, translucide.

La forme se retourne.

"-Kyvos." murmure Siopi fascinée et incrédule.

"- Je dois y aller."

Kyvos reprend sa course. Il flotte légèrement au dessus du sol, il semble connaître le chemin, son visage est déterminé.

Siopi le suit. Il ne cherche pas à la distancer. La draeneï marche longtemps au côté de l'esprit. Elle ressent beaucoup de choses, mais pas le besoin de parler.

Enfin, elle aperçoit au loin l'endroit où les restes de D'ore reposent. Elle devine dans l'horizon d'autres formes pâles et bleues. Et un ou deux draeneï vivants, l'air aussi stupéfait qu'elle.

Kyvos pointe du doigt vers le Naaru.

"- Et Aruura ?" demande Siopi avec tristesse.

"- Ce ne serait pas bon qu'elle me voit ainsi..."

Sous les sabots lévitants de l'apparition poussent alors un petit parterre de fleurs.

"- Je ne l'oublierai pas. Mais elle doit m'oublier."

Siopi hoche la tête. L'esprit se détourne d'elle et poursuit son flottement vers D'ore.

Elle le laisse partir.

Les fleurs sont celles qu'Aruura préfère...

Lorsque Siopi ramène un bouquet à son amie et lui transmet le message de l'esprit de Kyvos, Aruura pleure enfin. Beaucoup, longtemps.

Les semaines suivantes, elle reprend peu à peu vie. Elle participe à la construction de Draenor. Elle retrouve même un timide sourire.

Les rumeurs sur les âmes errantes se répandent et se confirment rapidement.

Le Prophète décide de faire déplacer les restes de D'ore. Un mausolée pour préserver le défunt Naaru est construit et un ordre établi pour protéger les âmes draeneï qui le suivent.

Siopi n'hésite pas.

Elle rejoint Auchindoun.